Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Hélène Grimaud

mercredi 4 mars 2015


Le blog d'Olivier Bellamy

21 février

Christophe Bataille, la douceur nécessaire

Le blog dPrécision de la langue, élégance de la pensée, richesse du sentiment pour décrire l’indicible. C’est le travail difficile et exaltant de l’écrivain Christophe Bataille. Voici son programme : Le Requiem de Fauré par Philippe Herreweghe et la chapelle royale Le Premier concerto de Brahms (Grimaud) Le quatrième concerto pour piano et orchestre de Beethoven (Pollini) Pièces de clavecin de Rameau (Blandine Rannou) Madeleines Giorgio by Moroder de Daft Punk Tout l’album Collaborations de Ravi Shankar et George Harrison Odd Look de Kavinsky Delerue : Concerto

Les blogs Qobuz

16 janvier

Une « standing ovation » – L’opiniâtreté de Pierre Boulez – L’ère de l’enveloppement – L’Orchestre de Paris sur la Terre promise – Ravel, musicien pour célébrations – Un Varèse inattendu

Ce feuilleton, qui s’appelle « Philharmonie de Paris », vient de vivre cette semaine l’épilogue de sa première période en présence du président de la République qui a été salué à son arrivée dans la nouvelle salle par une « standing ovation » — inimaginable une semaine plus tôt. Merci les mélomanes ! Laurent Bayle, l’homme qui, contre vents et marées, a tenu la barre. (DR) Le dernier grain de sable Il est vrai que, dans cette affaire, tenue à bout de bras pendant plus de trente ans (!) par Pierre Boulez, grâce à son opiniâtreté, à son prestige international et à la peur panique de ses interlocuteurs politiques devant la rudesse de son langage, les difficultés se sont accumulées jusqu’au dernier jour ; dernier couac du feuilleton : la colère de l’architecte Jean Nouvel, coutumier du fait, qui voulut retarder l’ouverture officielle jusqu’à ce que le dernier grain de sable du dernier couloir du dernier étage fut proprement balayé. Laurent Bayle, actuel valeureux président de la Philharmonie, auquel Boulez a confié le bébé depuis plusieurs décennies, a tenu bon, la construction de cet immense édifice ayant déjà battu des records de retards. Une salle aérienne… Donc, mercredi soir, en présence de François Hollande, de Manuel Valls et d’un grand nombre de personnalités politiques, nous avons pu explorer la Terre promise. Première impression : l’immensité et la complexité de cette géographie diversement colorée qui s’épanouit de part et d’autre du plateau central, selon le modèle « d’une salle enveloppante modulable et aérienne », nous dit le programme… Après avoir banni le théâtre à l’italienne (modèle Garnier) et abandonné la relation frontale public-scène (modèle Théâtre de la Ville), nous vivons dans l’ère de l’enveloppement (modèle Philharmonie de Berlin). Pour juger du résultat, il faudra multiplier les visites et, secouru par la bonne volonté d’ouvreuses très expertes, changer de place à chaque fois. La mariée est trop belle Deuxième impression : l’acoustique ? C’est l’Orchestre de Paris, nouveau résident, qui joua (brillamment) les cobayes pour ce premier soir. Présence fabuleuse du son, définition hallucinante de chaque instrument ! On oublie la vastitude du lieu tant et si bien que lorsque la harpiste attaque un bref solo dans le deuxième mouvement du Concerto en sol de Ravel, j’ai l’impression, en fermant les yeux, qu’elle est assise à mes côtés, qu’elle ne joue que pour moi. Comme disait Stravinsky, « Il faut voir la musique », et ce que je vois ne correspond pas à ce que j’entends. La mariée est trop belle, me direz-vous. Non, mais une salle de 2 400 places (assises) ne se manipule pas facilement. Installé, en effet, il y a quelques mois dans le nouvel auditorium de Radio France (seulement 1500 places…), je n’avais pas ressenti ce décalage. Sujet de réflexion : aujourd’hui, alors que les circuits de diffusion musicale ont explosé, est-il légitime de multiplier la capacité d’accueil de nos salles de concerts ? D’autant que, malgré quelques astuces (places d’un prix plus accessible, horaires retardés, programmation très, très classique, promotion savamment ciblée), rassembler chaque soir 2 400 auditeurs (à proximité du périphérique, de surcroît) n’est pas gagné d’avance. En tout cas, c’est une belle aventure qui est promise aujourd’hui à l’Orchestre de Paris qui, pour le premier soir, placé sous la baguette très efficace de son directeur Paavo Järvi, s’est surpassé dans un programme d’une longueur très inhabituelle — bonne excuse pour les ex-ministres et ministres en fonction qui se sont éclipsés à l’entracte. Ils ont raté la création du Concerto pour orchestre, soigneusement agencé, de Thierry Escaich, et une deuxième Suite de Daphnis et Chloé, proprement irrésistible. Curieux de constater la place de Ravel (cet insolent, qui refusa, lui aussi, en son temps la Légion d’honneur) dans les célébrations officielles. Ravel, deux fois joué mercredi : Daphnis et le Concerto en sol (très joliment interprété en soliste par Hélène Grimaud), Ravel déjà abondamment joué lors de l’inauguration de la salle de la Maison ronde… Edgar(d) Varèse, subrepticement à l’honneur avec son curieux “Tuning up” (DR) Mieux qu’une galéjade Quant au reste du programme : à défaut d’une œuvre de Pierre Boulez, lequel, si le chantier avait évité de jouer les prolongations, aurait sûrement dirigé ce concert, on a découvert au début de la soirée le nom d’un compositeur français majeur, pas vraiment reconnu comme tel dans son pays de naissance (pas davantage, d’ailleurs, aux Etats-Unis, son pays d’adoption) : Edgar (ou, Edgard, si vous préférez, l’intéressé ayant alterné les deux signatures) Varèse, dont le bref Tuning Up, qui mêle accord des instruments et citations diverses, est mieux qu’une galéjade. Suivront le Nocturne pour violon et orchestre d’Henri Dutilleux (avec Renaud Capuçon en soliste) et des extraits du Requiem de Gabriel Fauré, permettant de braquer les projecteurs sur le Chœur de l’Orchestre de Paris. Applaudissements nourris à la fin du concert, course pour trouver un taxi et reprendre, balayé par le vent, le parcours du combattant. Moins facile qu’à Pleyel, certes ! Pierre Boulez en 2002 – l’homme, qui n’a jamais mâché ses mots ! (DR) « L’argent, un faux prétexte » ! J’imagine que Pierre Boulez, dans sa résidence de Baden-Baden, a pensé avec nostalgie à cette soirée que nous lui devons, et dont il n’aura que des échos. Voilà, à ce sujet, ce qu’il me disait prémonitoirement il y a quinze ans (« Pierre Boulez-Eclats 2002 », Ed. Mémoire du Livre) » : « Il manque dans cette Cité de la Musique (aujourd’hui Philharmonie 2) un grand espace de concerts disposant de tous les moyens, c’est-à-dire les annexes, les salles de répétitions, les studios pour les musiciens, etc., tout ce qui sert à l’exploitation. Mais cette salle de concerts ne peut pas être bâtie sur le modèle du XIXe siècle, et nécessite donc une réflexion avec l’architecte choisi (…) - Tout cela, dit-on, coûte des fortunes…. - Non, l’argent est un faux prétexte. Je connais les chiffres. On aurait pu déjà lancer le projet, si on en avait eu la volonté. Le problème du budget, c’est une question de ventilation ; on a sans doute estimé que certaines opérations étaient plus urgentes, en tout cas en termes de bénéfices politiques directs. Il faut dire les choses comme elles sont. On parle de démocratisation de la culture et je sais très bien ce que cela signifie : une espèce de populisme bon marché, qui fait croire que l’on agit [...] Ce qui est pénible dans ce populisme, c’est le mépris. » Et, au chapitre des atermoiements dont l’histoire de la Philharmonie est un cas d’école : - Ce qui me désole, et que j’ai constaté à plusieurs occasions, c’est qu’un homme politique prend une décision qui conduit à un début d’exécution et que son successeur, qui appartient au bord opposé, démolit tout ce que l’autre a fait précédemment. Et vice-versa. Je trouve cela non seulement stupide, mais financièrement, c’est un désastre [...] Alors ces politiques qui ont de bonnes intentions financières sont finalement les pires dépensiers parce qu’ils arrêtent un projet ou le modifient simplement pour manifester leur mauvaise humeur à l’égard de leur prédécesseur. Moi, j’aurais tendance à les tenir responsables sur leur fortune personnelle des aléas qu’ils ont créés par leur humeur politique. » C’est dit ! Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans Diapason, numéro de janvier 2015 : « Ce jour-là, 28 mars 1842 : le premier concert de l’Orchestre Philharmonique de Vienne»




La lettre du musicien (Comptes rendus)

15 janvier

Gala d'essai réussi pour la Philharmonie de Paris

Attendue depuis tant d'années, l'inauguration de la Philharmonie a eu enfin lieu. Une soirée menée par un Orchestre de Paris digne de l'événement et dédiée aux victimes des récents attentats commis à Paris. Monstre d'aluminium anguleux et spectaculaire à l'extérieur, la Philharmonie offre, aussitôt plongé dans la gueule du loup, une salle chaleureuse, rotonde, élégante, confortable et mettant l'orchestre, au centre, magnifiquement en valeur. Après les discours d'usages - François Hollande ayant rappelé à la Philharmonie sa mission pédagogique et son rôle dans la conquête de nouveaux publics pour la musique classique - l'Orchestre de Paris et son directeur musical Paavo Järvi ont ouvert le feu inaugural en grande tenue : le violoniste Renaud Capuçon, la soprano Sabine Devieilhe, la pianiste Hélène Grimaud... Saluons d'abord l'orchestre et la Philharmonie pour avoir concocté un programme qui mettait en valeur quelques fleurons de la musique française du 20e siècle : Gabriel Fauré, Henri Dutilleux, Thierry Escaich et le désormais abonné aux inaugurations, Maurice Ravel. Après un Tuning Up de Varèse, fondé sur l'accord de l'orchestre, parfait pour tester les qualités acoustiques de la salle, Renaud Capuçon rendait hommage à Dutilleux avec son nocturne pour violon et orchestre Sur le même accord. Languide et tendre. La fin du Requiem de Fauré, surprenante pour un programme d'inauguration, avait au moins le mérite de faire entendre l'orchestre avec le chœur, accompagnant deux superbes solistes, Sabine Devieilhe et son« Pie Jesu » séraphique et le baryton Matthias Goerne dans un « Libera me » puissant. A ceci près que la musique de Fauré, voile translucide, n'est sans doute pas la spécialité de Paavo Järvi, plus à son aise avec les grandes machines symphoniques. Le chef a triomphé en revanche dans la 2e Suite de Daphnis et Chloé de Ravel, rutilante, soulevant la masse de l'orchestre d'un geste ample. Le Concerto en sol du même Ravel, en revanche, aura été moins bien servi par une Hélène Grimaud visiblement sur la défensive, retenant sans cesse l'orchestre que le chef voulait pousser hors des starting-blocks. Geste symbolique fort pour la musique d'aujourd'hui, la création du Concerto pour orchestre de Thierry Escaich est une réussite : le compositeur s'y amuse à jongler avec l'orchestration, munificente. L'orchestre scintille, clignote dans tous les sens, en écho. On y retrouve la patte du compositeur : une musique très rythmique où se glissent ça et là quelques clins d'œil jazzy et quelques citations fugaces. Thierry Escaich persiste et signe, mais avec encore plus de grâce et de finesse que dans ses œuvres précédentes. A reprogrammer ! Ne reste plus à la Philharmonie de Paris qu'à achever ses travaux - quelques mois encore avant que la salle soit complètement digne d'ouvrir toutes ses portes - et elle pourra commencer à rayonner sur Paris, sa banlieue et le monde : telle est son ambition. (14 janvier)

Carnets sur sol

30 décembre

Concerts, raretés et fantaisies du mois de janvier 2015

Comme c'est devenu la tradition, un petit calendrier (essentiellement francilien, car issu de mes recherches personnelles) de concerts que vous auriez pu manquer. Vu la nature du travail (assez fastidieux), que je souhaiterais employer à autre chose pour CSS (notamment le déménagement et l'achèvement de notules en attente depuis longtemps), j'essaie ce mois-ci la version image. Je n'aime pas trop montrer ma cuisine, et cela empêche en outre d'y accéder par les moteurs de recherche, mais prend aussi dix fois moins de temps (littéralement). Vous pouvez cliquer sur les images pour les ouvrir dans leur taille d'origine si votre fenêtre est petite. Feedbacks bienvenus. En revanche, étant tiré de mon propre calendrier personnalisé, il manque des raretés que je n'ai pas prévu d'aller voir, et le système de quotation suit ma pure subjectivité — voire la simple fantaisie que j'ai, cette année, de voir ceci plutôt que cela. (Si cela intrigue quelqu'un : de § à §§§§ pour mon intérêt pour la programmation, gris foncé si j'ai prévu de me déplacer, gris clair si je n'ai pas encore décidé, ¤ si je ne compte pas y aller, **** si j'ai déjà mes places.) -- -- -- -- Je précise que je n'ai pas fini mon relevé, seulement jusqu'au 18 : plein de petits concerts peuvent émerger, il y aura peut-être une mise à jour dans le courant du mois. -- Parmi les choses sympas, j'attire votre attention sur : ¶ Measure For Measure en russe aux Gémeaux. ¶ Les Indes Galantes par Correas en tournée en Île-de-France Ouest (avec Françoise Masset et Jean-François Lombard !). ¶ L'Elixir d'Amour par Opera Fuoco à Saint-Quentin-en-Yvelines, très tentant par des musiciens sur instruments anciens et très dynamiques. ¶ L'Oiseleur des Longchamps propose un récital de mélodies maritimes — je n'ai pas le détail, mais il y a de quoi s'amuser . Je suis moins intéressé par Le Chant de la Mer de Tomasi, un récit musical qui a assez vieilli (et qui n'est pas très passionnant). Néanmoins, si j'étais disponible, j'y serais allé, comme d'habitude. ¶ La Belle au Bois de Respighi à l'Athénée (il n'y avait pas Antonacci initialement programmée là-dedans ?). ¶ Niobe de Steffani au TCE, dans un style qui n'est pas encore du vrai seria et conserve quelque chose de Monteverdi (contemporain de Legrenzi et Falvetti, donc avant que la musique et le théâtre ne s'éclipsent pour un siècle et demi de l'opéra italien). ¶ Les Festes Vénitiennes de Campra à Favart, un des hits majeurs de l'époque Louis XIV (même si le roi, à cette date, ne s'intéressait plus guère aux spectacles). Déjà présentées ici même. ¶ Les Rückert-Lieder avec Kirchschlager à la Maison de la Radio. Pour les avoir entendu par elle il y a une dizaine d'années, vraiment un cycle où elle s'épanouit avec beaucoup de chaleur. Vraiment dommage pour moi que ce soit le soir de Cinq-Mars, il y a longtemps que je ne l'ai pas réentendue. ¶ Cinq-Mars de Gounod à Versailles. Grand événement : c'est la première fois qu'on le redonne depuis… l'ère de l'enregistrement ? La distribution est très luxueuse (Véronique Gens, notamment), mais je suis un peu dubitatif sur Ulf Schirmer (excellent dans le répertoire germanique tardif et décadent) et la Radio Bavaroise dans ce style qui réclame une certaine légèreté et netteté de trait. J'espère que ce ne sera pas trop empesé. ¶ Le récital d'airs de cour (Lambert & Charpentier) de Vincent Lièvre-Picard, élève de Howard Crook (et non sans similitudes vocales et stylistiques : de la grâce, vraiment) aux Billettes. Un grand moment promis à tous les amateurs du genre. ¶ Et si vous regardez bien, plein de contemporain sympa (Fujikura, De Mey… même Grimaud fait dans le Takemitsu !). -- Pour ma part, ce sera donc : baroque français à la Philharmonie, l'Elisir à Saint-Quentin, Ariadne avec Mattila, les Festes Vénitiennes, Cinq-Mars, Lièvre-Picard et Guillaume Tell. Peut-être, si je puis me libérer, Fierrabras au Bozar. Oui, on fait dans le grand format ce mois-ci ! Et s'il y a des gens qui ont raté l'ouverture des ventes : à cause de la superposition des dates, je vends ma place pour le Concerto de Tchaïkovski et la Cinquième de Chostakovitch par Janine Jansen et Paavo Järvi (Philharmonie, le 22 janvier). (trop tard, vendu)



Resmusica.com

17 décembre

Ekaterina Litvintseva, the Arctic Circle pianist

Ekaterina Litvintseva emphasizes her youth and sensitivity in a convincing all-Rachmaninoff program. Everyone already knows about Hélène Grimaud and her wolves; perhaps now when we think of Ekaterina Litvintseva, we will recall her childhood in Anadyr on the Bering Sea, the easternmost city of Russia, just south of the Arctic Circle, where snow covers the ground 270 days a year and 130 days a year see blizzard conditions. The booklet of Litvintseva’s new CD (which will be released in January 2015), a veritable trove of biographical information, features beautiful tundra landscapes and sepia-tinted photographs of a little girl alone in the snowy wilderness, but says not a word about the chaos that followed the collapse of the Soviet Union. During Litvintseva’s formative years, Anadyr lost a third of its population, which had never amounted to more than twenty thousand inhabitants, and musical life across the entire country suffered. For her debut CD, the pianist has chosen a program after her own image as a young Russian musician, with an emphasis on emotional expression. Rachmaninoff composed all the pieces on the album while in his twenties, and there are undeniable affinities between the composer and the pianist. The album title, The depth of the unspoken, might seem bombastic, but the pianist explains it as a reference to those secrets we keep for fear of revealing our feelings, of being left defenseless—secrets that Rachmaninoff’s music seeks to unveil. The Morceaux de fantaisie and the Six moments musicaux are good illustrations of Litvintseva’s sensitive and emotional approach, as is, if to a lesser extent, the less homogenous Suite in D Minor. Composed for orchestra in 1891, the suite’s transcription for piano was found only in 2000 in the Glinka Museum archives in Moscow. The playing is flawless; by turns deeply honest, energetic, and lightly allusive, lyrical without excess pathos, delicate without ever becoming insipid or sentimental. This album offers a fine introduction to this artist come in from the cold. Translated by Romain Paulino

Resmusica.com

29 novembre

Ekaterina Litvintseva, la pianiste du cercle polaire

Ekaterina Litvintseva joue la carte de la sensibilité et de la jeunesse pour un programme Rachmaninov convaincant. On connaissait Hélène Grimaud pour ses loups, on retiendra peut-être Ekaterina Litvintseva pour son enfance passée sous le cercle polaire à Anadyr, sur la mer de Béring, la ville la plus orientale de Russie où la neige couvre le sol 270 jours par an, et où le blizzard souffle 130 jours par an. Si le livret du disque, véritable plaquette biographique, est illustré de beaux panoramas de toundra et de photos sépia d’une fillette dans la belle nature glacée, il n’est rien dit sur le fait qu’aux conditions climatiques rudes s’ajoute le chaos de la chute de l’Union Soviétique durant ses années d’apprentissage, qui fit perdre à cette ville de moins de 20.000 habitants le tiers de sa population en une dizaine d’années, et mit à mal la vie musicale dans tout le pays. La pianiste a choisi un programme à son image, jeune, russe et qui met en valeur l’émotion. Toutes les œuvres proposées au programme ont été composées par Rachmaninov dans ses 20 ans, et l’affinité entre le musicien et l’interprète sont réelles. Le titre de l’album « La profondeur du non-dit » peut paraître emphatique, mais la pianiste l’explique comme étant ces secrets que l’on garde parce qu’on a peur de révéler ses émotions, d’être sans défense, et que la musique de Sergueï Rachmaninov s’applique à révéler. Les Morceaux de fantaisie et les Moments musicaux illustrent bien cette approche sensible et émotionnelle, et dans une moindre mesure la rare Suite en ré mineur au caractère plus hétérogène. Composée pour orchestre en 1891, seule la transcription avait été retrouvée en 2000 dans les archives du musée Glinka de Moscou. L’interprétation est impeccable, tour à tour pleine de franchise, d’allant et de légèreté allusive, d’un lyrisme exempt de pathos, d’une délicatesse sans mièvrerie ni sensiblerie. Un beau disque carte de visite pour se faire connaître, et pour se laisser aller au plaisir d’un romantisme venu du froid.

Musique classique et opéra par Classissima



[+] Toute l'actualité (Hélène Grimaud)
21 févr.
Le blog d'Olivier...
16 janv.
Les blogs Qobuz
15 janv.
La lettre du musi...
30 déc.
Carnets sur sol
17 déc.
Resmusica.com
29 nov.
Resmusica.com
19 nov.
Classiquenews.com...
25 sept.
Le blog d'Olivier...
24 août
Carnets sur sol
28 juil.
Resmusica.com
11 juin
Google Actualité ...
11 juin
Google Actualité ...
9 avril
Resmusica.com
17 mars
Resmusica.com
2 janv.
Resmusica.com
3 déc.
Le blog d'Olivier...
20 nov.
Le blog d'Olivier...
3 oct.
En kiosque (via S...
14 sept.
Carnets sur sol
5 sept.
ClassiqueInfo.com

Hélène Grimaud
Anglais (US) Anglais (UK) Espagnol Allemand Italien




Grimaud sur le net...

Helene.Grimaud - Envoye.Special.

 Reportage [FR]

 

Helene.Grimaud - Envoye.Special.



Hélène Grimaud »

Grands interprètes

Piano Resonances Bach Rachmaninoff Chopin Beethoven Brahms Schumann Loups

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...